S’ouvrir au monde par les sens : le goût

L’atrophie des sensations olfactives et gustatives dans notre société nous empêche de savourer ou discriminer pleinement ce que nous percevons et mangeons. Pourtant, nous possédons ce savoir inconscient, inscrit au plus profond de nous-mêmes et présent dès notre venue sur Terre.

Réhabiliter ces sens est possible par des pratiques de pleine conscience formelles et informelles.

« Ré »apprenons à humer, reconnaître, goûter et peut-être apprécier ce qui nous environne. Montrons-nous curieux de ce que nous ne connaissons pas bien et sortons du manichéisme du « j’aime/j’aime pas ! » enfermant et réduisant le champ des possibles.

Nous réaliserons alors que ce type d’entraînement au quotidien nous apportera une plus grande sérénité car il nous donnera accès au fait de mieux savourer la vie en général et sans doute à développer des qualités de gratitude et de respect de la Nature.

Le goût nous met en contact avec nombre de nos conditionnements mais nous relie aussi à notre culture et à nos ascendants, bref à une mémoire parfois enfouie, et qui ne demande qu’à se réactiver.
En testant enfin de nouveaux goûts, nous allons à la rencontre de l’inconnu et de l’Autre.

Ainsi les propos de Thich Nhat Hanh nous paraîtront plus clairs: « ce morceau de pain dans ma main contient tout le cosmos ».

EXERCICES LUDIQUES DE PLEINE CONSCIENCE
Comment entraîner le sens de l’odorat de manière informelle ?

* Expérience en extérieur ou chez soi : en se promenant tranquillement, se concentrer exclusivement sur ce que nous percevons comme odeurs. Dehors : fleurs, fruits, animal, personnes, effluves diverses… Dedans : bureau, plante, papier… L’extérieur nous renvoyant sans doute plus de perceptions olfactives.
* Expérience à faire plus tard chez soi : nous pouvons aller plus loin en réalisant des tests chez soi, comme un jeu : à deux, en famille ou entre amis, deviner telle ou telle chose qu’on nous ferait humer à l’aveugle.
Entraînement du goût :
* Reprendre l’exercice précédent à plusieurs en portant le bout de notre langue sur certains objets ou aliments :
tacher de les reconnaître.
* Imaginer quelle est la composition d’un repas : aliments divers, épices ajoutées, degré de salaison… Détaillant si la saveur est salée, sucrée, amère, acide, piquante, si sa consistance est dure, tendre, filandreuse, molle, onctueuse, fondante, et imaginant une couleur et où la sensation est-elle la plus perceptive dans la bouche : langue, joue, palais, etc. Et que ressent-on dans le corps : visage, cou, épaules, plexus… Quelles émotions sont-elles associées s’il y a lieu. Puis comment se sent-on après avoir mangé ?

Bibliographie :
Manger de Thich Nhat Hanh, éditions Belfond ou poche

Manger en pleine conscience de Jan Chozen Bays, éditions les Arènes

L’équilibre alimentaire de Gilles Pentecôte

Le maître du thé de Yasushi Inoué

La Voie du thé de Nadia Bécaud, éditions Actes Sud

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